Histoire d’Egry

Le village d’EGRY, d’une superficie de 739 hectares, paraît avoir été fondé à l’époque gallo-romaine, à en juger par son nom ancien AGRIACUS forme secondaire d’AGURIACUS, ce qui signifie  domaine d’AGRIUS ou peut-être AGERIUS, nom d’un propriétaire romain voire gallo-romain.

Une ferme porte le nom de Néron. Non loin de là se trouve une source dédiée à la Déesse gauloise EPONA (découverte en 1930),(garante de la prospérité des récoltes et de la fécondité du bétail, la seule divinité gauloise adoptée par la religion romaine). Une reproduction du bas-relief trouvé à cet endroit se trouve au Musée d’ORLEANS.

Le village est constitué de près de 12 hameaux : Le Bourg – La Buizarderie – La porte de Beaune – La Leu – La rue Boussier (ou la Roue Boussier) – La Grosboiserie – Gaudigny – Bréfontaine – Bouquet le Roi – La Mothe – Le Four à Chaux – La Cave.

Le vieil EGRY était situé sur un emplacement trop humide où les puits étaient profonds.

Le nouveau bourg n’a jamais manqué d’eau.

Le bourg d’EGRY a été fortifié à une époque inconnue et était entouré de murs et de fossés assez larges et profonds.

Il y avait 3 portes, celle de PUISEAUX au nord, celle de PITHIVIERS à l’ouest et celle de BEAUNE ou MONTARGIS au sud-est.

Egry était le siège d’une prévôté, ainsi qu’en témoignent les lieux-dits « La Potence » et « La Justice »

On peut suivre EGRY à travers l’histoire de ses seigneurs. Et cette histoire est inscrite dans les murs ou ce qu’il en reste, des châteaux de GAUDIGNY et de la MOTHE.

Sur la commune se trouvait un four à chaux, aujourd’hui disparu, seul le nom subsiste.

 

Le château de GAUDIGNY est caché dans un bosquet.

L’un des premiers seigneurs connu fut CALERAN de GAUDIGNY en 1182.

L’enceinte des murailles est presque intacte et l’habitation a conservé en partie l’aspect qu’elle avait au XVIème siècle.

Sur une cheminée en pierre sont sculptées les armoiries de la famille de LANGUEDOÜE.

Le château de GAUDIGNY détruit une 1ère fois par les Anglais a été dévasté une 2ème fois au moment des guerres de religions.

Au XIX siècle, il fut transformé en ferme.

Il a été restauré et a gardé un bel escalier à vis et la vaste cheminée aux montants sculptés.

Le célèbre peintre chinois ZAO WOU-KI y a séjourné et établi son atelier de création.

 

Les noms des anciens seigneurs de le MOTHE ne sont connus que depuis 1360. Ce domaine appartenait alors à un nommé L’HUILLIER, conseiller à la Chambre des Requêtes.

Louis XI, Roi de FRANCE (1423 – 1483) fit plusieurs séjours au château de la MOTHE où il signa diverses lettres patentes portant les dates de 1466, 1467 et années suivantes.

Pendant l’un de ses séjours au château, le Roi fit peser (analyser) l’eau d’une fontaine située non loin qu’il avait coutume de boire. Le Roi en buvait également lorsqu’il restait à FONTAINEBLEAU. Cette fontaine a conservé depuis ce temps là, le nom de « Fontaine pesée ». Jusque dans les années 1970/1980 l’eau coulait au milieu des champs, depuis elle a disparu.

Du château, il ne reste presque plus rien.

L’église NOTRE DAME d’EGRY « SANCTA MARIA DE AGRIACO » fut construite au XIIIème siècle avec un beau clocher roman sur une tour carrée .

En 1887, l’abbé BERTHEOU, curé de l’époque, informe de l’état de grande vestuté de l’église, qui au fil des ans penche dangereusement vers l’est. Le Conseil Municipal, en 1889 vote la reconstruction de l’église de fond en comble, sur les fondations de la précédente en gardant intact le clocher du XVème siècle (celui-ci existe toujours).

Après 3 années de travaux, la nouvelle église fut inaugurée le dimanche 22 septembre 1895 sous le vocable de NOTRE DAME et de SAINT ABDON.

L’église mesure 25 mètres de longueur, 7,50 mètres de largeur avec son clocher de 28 mètres de haut. A l’intérieur, dans le choeur, se trouvent 3 dalles funéraires.

Vers 1970, 4 vitraux dont la rosace, furent remplacés ; ceux-ci sont en matière plastique et représentent une bonne illustration de l’art contemporain de l’époque.

Le dimanche 29 octobre 1995, l’évèque, Monseigneur PICANDET, vint célébrer les 100 ans de l’église.

 

Au 19ème siècle, à EGRY, on cultivait surtout la vigne et le safran.

En 1886, le phylloxéra (insecte puceron en provenance des ETATS UNIS) ravage les cépages et les vignobles ancestraux dans toute la FRANCE.

Il ne reste plus rien des 200 hectares de vignes sur la commune.

La lutte contre la maladie phylloxéra fut féroce, mais vaine dans le LOIRET, comme partout en FRANCE (cela fut considéré comme calamité nationale).

La solution la plus efficace fut de replanter des vignes greffées à partir de plans américains résistants au puceron tueur.

Malheureusement, le greffage est une technique quasi-ignorée des vignerons français. Ceux-ci devront apprendre à greffer. Le Conseil Général du LOIRET fera un gros effort financier pour reconstituer le vignoble.

Mais les terres calcaires du GÂTINAIS posèrent de gros problèmes d’adaptation, la vigne américaine se chlore et meurt.

En 1908, les vignobles de la région du GÂTINAIS autour de BEAUNE LA ROLANDE et de PUISEAUX ont régressé de 90 %.

Alors, les agriculteurs d’EGRY se sont tourné vers la culture du blé, de l’orge et de la pomme de terre.

 

Le monument aux Morts route de BARVILLE.

Ce monument fut élevé en 1873 à la mémoire des gardes nationaux LAMBERT et DRIARD d’AUXY et THIOU de JURANVILLE, assassinés par les prussiens.

Durant la guerre de 1870, la commune fut envahie par l’armée allemande et forcée à subvenir aux besoins des soldats. Les moins fortunés (ils étaient nombreux) reçurent une aide de la mairie après la guerre.

Un document indique que la mairie a dû acheter des bottes pour les soldats prussiens mais n’a payé la facture qu’après la guerre. Le fournisseur ayant proposé un crédit.

 

EGRY constitue sa première fanfare en 1891, avec 1 président, 1 chef de musique et 18 exécutants.

En 1893, grâce à une loterie composée de 1500 billets au prix de 0,25 francs, l’équipe put acquérir une magnifique bannière visible à la mairie.

Une seconde loterie permis l’achat d’instruments de musique.

En juin 1910, le Conseil Municipal adopte le principe de l’établissement d’une ligne téléphonique BEAUNE/EGRY.

Le 10 décembre 1924, le téléphone arrive à EGRY.

 

Le 24 février 1930, un projet d’adduction d’eau potable voit le jour avec la constitution d’un syndicat intercommunal BARVILLE/EGRY/GAUBERTIN.

L’inauguration du château d’eau eu lieu le 30 avril 1933.

 

Population d’EGRY au fil des années.

1793 == 626 habitants

1856 == 706 habitants

1946 == 293 habitants

1982 == 214 habitants

2020 == 360 habitants

 

L’école fermera définitivement en juin 1986.

 

 

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